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Les Grands Théoriciens de la Sociologie : Max Weber

 
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Mĭnisterĭārĭus Săpĭ

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MessagePosté le: Mar 5 Jan - 21:21 (2010)    Sujet du message: Les Grands Théoriciens de la Sociologie : Max Weber Répondre en citant

Les Grands Théoriciens de la Sociologie : Max Weber



Max Weber (21 avril 1864-14 juin 1920), sociologue et économiste allemand, est, avec Vilfredo Pareto, Émile Durkheim, Georg Simmel et Karl Marx l'un des fondateurs de la sociologie moderne.

Max Weber est considéré comme le fondateur de la sociologie compréhensive, c'est-à-dire d'une approche sociologique qui fait du sens subjectif des conduites des acteurs le fondement de l'action sociale.

Son œuvre est dominée par une recherche sur la rationalité, et, plus spécifiquement, sur le processus de rationalisation de l'action pratique dans le monde qui lui semble être la spécificité de l'Occident moderne — processus marqué, en particulier, par la naissance et le développement du capitalisme. Il travailla aussi sur de nombreux objets, souvent liés à sa réflexion sur la rationalité, comme la domination, l'État, la bureaucratie, le droit, la musique etc.

Toutefois, la part la plus importante de son œuvre de sociologue est constituée par une sociologie des religions : il considérait, en effet, que les religions ont apporté une contribution décisive à la rationalisation du monde.

« Ce qui importe donc, en premier lieu, c'est de reconnaître et d'expliquer dans sa genèse la particularité du rationalisme occidental [...]. L'apparition du rationalisme économique [...] dépend de la capacité et de la disposition des hommes à adopter des formes déterminées d'une conduite de vie caractérisée par un rationalisme pratique. Là où une telle conduite de vie a rencontré des entraves d'ordre psychique, le développement d'une conduite de vie rationnelle dans le domaine économique a rencontré, lui aussi, de fortes résistances intérieures. Or, parmi les éléments les plus importants qui ont façonné la conduite de vie, on trouve toujours, dans le passé, les puissances magiques et religieuses ainsi que les idées éthiques de devoir qui sont ancrées dans la croyance en ces puissances. »
— [1]

C'est avec L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, publié sous la forme de deux articles en 1904 et 1905, que naît son projet d'analyse des déterminations religieuses du processus de rationalisation. Cet ouvrage, qui analyse les effets de la réforme protestante sur l'activité économique capitaliste, est devenu, par son modèle d'analyse du social, centré sur les individus et leurs motivations à agir, un classique de la sociologie, sur laquelle il a exercé une influence considérable. Après 1905, Weber va s'intéresser aux autres religions du monde, faisant ressortir, dans une série d'études comparatives (Confucianisme et Taoïsme, Hindouisme et Bouddhisme, Le judaïsme antique), la spécificité du processus de rationalisation qu'a connu le monde occidental, et l'influence des croyances religieuses chrétiennes sur celui-ci.

La réception de l'œuvre de Max Weber n'a été que progressive, particulièrement en France. Sa stature ne s'impose, en Allemagne, qu'une dizaine d'années après sa mort, de même qu'aux États-Unis, notamment grâce au grand sociologue Talcott Parsons qui s'inspire de Weber dans sa théorisation de l'action sociale et qui traduit L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme en anglais.

En France, la domination de l'école durkheimienne avant guerre, puis la prégnance de la pensée marxiste après guerre permettent d'expliquer la lenteur de la réception d'une œuvre qui était, pour une large part, en opposition avec ces deux courants de pensée. C'est essentiellement à Raymond Aron que l'on doit (notamment grâce à son ouvrage Les Étapes de la pensée sociologique paru en 1967) la découverte, en France, de Max Weber. Depuis, l'œuvre weberienne n'a cessé d'exercer son influence sur l'ensemble de la sociologie française : ainsi, des figures aussi opposées que celle de Raymond Boudon et de Pierre Bourdieu s'en réclament. Les traductions françaises, longtemps lacunaires et de mauvaise qualité, ont connu, depuis une dizaine d'années, un fort développement, notamment sous l'impulsion du traducteur Jean-Pierre Grossein qui a proposé, en 2003, une nouvelle traduction de L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme. On peut voir, dans cette activité éditoriale, l'importance toujours croissante et l'actualité jamais démentie d'une pensée sociologique de premier plan.

La philosophie contemporaine, notamment l'École de Francfort, a été marquée par sa caractérisation de la modernité comme rationalisation de la vie.

Sa sociologie politique, en particulier sa définition de l'État moderne comme groupement politique détenant le monopole de la violence physique légitime, exerce toujours une influence considérable sur la pensée politique moderne.

Karl Emil Maximilian Weber, aîné de huit enfants, naquit le 21 avril 1864 à Erfurt dans une famille de la bourgeoisie protestante. Un de ses frères cadets, Alfred, deviendra également un sociologue important. Son père (également Max), initialement haut fonctionnaire, sera élu député du Parti libéral-national au Reichstag après l’unification allemande. Sa mère (Hélène, née Fallenstein), d'origine huguenote par sa famille maternelle (les Souchay), était une femme cultivée et profondément croyante. Max Weber grandit ainsi dans un milieu riche et cultivé : son père était l'héritier d'une famille d'industriels, sa mère était issue de la bourgeoisie intellectuelle. À partir de 1869, la famille s’installa à Berlin.


Max Weber et ses frères en 1879S’ennuyant à l’école et ayant peu de contacts avec les enfants de son âge, le jeune Max Weber était en revanche un lecteur insatiable, dont les lectures (Cicéron, Kant, Machiavel, etc.) témoignaient d'une grande précocité intellectuelle. À côté de ses études, le jeune Max Weber a également bénéficié de l'influence formatrice du milieu d'hommes politiques et de savants de premier plan qu'invitait son père à la maison. Après l’obtention de son Abitur (équivalent du baccalauréat), il s’inscrivit en droit à la faculté d’Heidelberg. Outre les cours de droit, il y suivit également des cours d’économie politique, de philosophie, d’histoire et de théologie. C’est à cette même période que Weber perdit sa timidité : membre d'une corporation d'étudiant, il se livra à des duels, participa à des beuveries, tout en s'endettant.

En 1883, à 19 ans, Max Weber partit pour Strasbourg afin de débuter son service militaire. Il y trouvera une seconde famille. Weber, hébergé par sa tante (sœur de sa mère), rentra en effet dans une relation d'échange intellectuel durable avec le mari de cette dernière, l’historien Hermann Baumgarten, en qui il put sans doute trouver une autre figure d'identification que celle de son père. À la différence de ce dernier, H. Baumgarten était un libéral hostile au compromis avec la politique de Bismark.

En 1884, il reprend ses études à Berlin, sous la pression de sa famille qui souhaite le séparer des Baumgarten. Il vivra dans la maison familiale les huit années suivantes, à l'exception des périodes d'exercice militaire et d'un bref séjour à l'université de Göttingen en 1886 où il obtient sa licence en droit. Devenu un travailleur acharné, Weber se spécialise en histoire du droit, tout en poursuivant un cursus conduisant vers une carrière d'avocat. Il obtint son doctorat en 1889, sous la direction du professeur Levin Goldschmitt, avec une thèse portant sur le développement des sociétés commerciales en nom collectif dans les cités italiennes du Moyen Âge. Dès 1891, il achève sa thèse d'habilitation, L’importance de l’histoire agraire romaine pour le droit public et privé, qui le qualifie pour être professeur à l'université.

Ces années furent décisives dans la formation de Max Weber à un autre titre : il commença à s'intéresser aux problèmes sociaux de son époque et rejoignit, en 1888, le Verein für Socialpolitik (Association pour la politique sociale), association formée par des économistes issus de l'École historique et pour qui la réflexion économique devait jouer un rôle décisif dans le traitement des problèmes socio-économiques de la jeune nation allemande. En 1892, le Verein engagea une études sur la «question polonaise», c'est-à-dire sur l'afflux d'une importante immigration de travailleurs agricoles polonais à l'Est de l'Allemagne. Max Weber dirigea l'enquête et rédigea son rapport final. Ce dernier fut salué comme une étude empirique de la plus grande importance et conféra à Weber une utile réputation de spécialiste des problèmes agricoles.

Marianne Weber née SchnitgerÀ 29 ans, en 1893, Max Weber accède au poste de professeur de l’histoire de droit romain et de droit commercial à la faculté de Berlin. Il se marie cette même année avec une parente de sa mère, Marianne Schnittger. Sa femme, figure de la cause féministe, sera une actrice de la vie intellectuelle et politique allemande, jusqu'à sa mort en 1954. Elle aura un rôle décisif dans l'édition de l'œuvre de Max Weber, supervisant notamment la publication du très grand nombre d'écrits posthumes de son mari, en particulier son opus magnum, Économie et société. Elle écrira également une importante biographie de Max Weber. Si leur mariage fut bâti sur une complicité intellectuelle constante, il est probable qu'il n'ait jamais été consommé. Le couple demeura, en tout cas, sans enfant. Il est, en outre, probable que Max Weber n'ait eu aucune expérience érotique jusqu'à l'immédiate avant guerre, dans le cadre d'une relation extraconjugale.

En 1894, Max Weber est nommé à une chaire d’économie politique à l'Université de Fribourg. Il y prononce en mai 1895 sa leçon inaugurale, « L’État national et la politique économique », qui fait sensation. Max Weber y exprime son nationalisme de manière enflammée, soutenant l'impérialisme allemand et affirmant la primauté des valeurs germaniques pour un théoricien allemand de l'économie politique. Max Weber n'a pas cessé de soutenir la politique de puissance de l'Allemagne réunifiée. Il changera toutefois, au fil de sa vie publique, souvent de position politique. À la fin de sa vie, il soutiendra une démocratisation du régime, sous la forme d'un régime parlementaire, seul apte, pour lui, à sélectionner des leaders politiques charismatiques. Comme l'écrit R. Aron, « Weber fut un national-libéral, mais il n'était pas libéral au sens américain, il n'était même pas à proprement parler un démocrate au sens que Français, Anglais ou Américains donnaient ou donnent à ce terme. Il mettait la grandeur de la nation et la puissance de l'État au-dessus de tout. »[2]

En 1897, quelques mois après la mort de son père, avec lequel il avait rompu peu de temps auparavant à la suite d'une violente dispute, il est atteint d’une grave dépression nerveuse qui le contraint à interrompre ses activités de professeur et de chercheur. Cette crise durera près de cinq ans et aura d'importantes conséquences sur la vie de Max Weber : elle le contraindra à interrompre durablement ses activités de professeur, et suspendra pour un temps son travail de recherche. Weber part alors se reposer au bord du lac Léman sur les conseils de son médecin. Il reprend ses cours un an plus tard mais fait une rechute en 1899. Il repart alors une seconde fois en voyage : il visite la Corse, l’Italie et la Suisse. Max Weber ne surmonte sa dépression qu'en 1903. Reprenant alors ses activités intellectuelles, il réoriente ses recherches vers la sociologie : il fonde ainsi la Société allemande de sociologie avec Ferdinand Tönnies et Georg Simmel, dont il en démissionnera en 1912. Il prend également alors, avec Edgar Jaffé et Werner Sombart, la direction des Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik, qui deviennent la première revue de sociologie allemande. C'est dans cette revue qu'il publiera la plupart de ses travaux de sociologie, à commencer par L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme dont la première partie paraît dès 1904. Face à sa fragilité nerveuse, Weber, aidé en cela par un héritage, renonce toutefois à enseigner. Il ne retrouvera l'enseignement que plus de 10 ans plus tard, après la guerre.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Weber a 50 ans, il demande à être rappelé comme officier de réserve. Il s’occupera alors, mais seulement durant une courte période, de la gestion de huit hôpitaux de la région d’Heidelberg. Il entame alors une période d'intense activité intellectuelle. C'est, en effet, durant la guerre que Weber débute la rédaction de son vaste projet de sociologie comparée des religions mondiales. Il publie ainsi, sous forme d'articles, dans les Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik, en 1916 Confucianisme et taoïsme, en 1916-1917 Hindouisme et bouddhisme, et en 1917-1918 Le judaïsme antique.

En 1918, après avoir refusé la défaite et appelé à la résistance, Weber fit partie de la délégation allemande qui signa le traité de Versailles. Il participa également à la commission en charge de rédiger la nouvelle Constitution du Reich. Au milieu de l'agitation révolutionnaire de 1918, Max Weber sera l’un des membres fondateurs du Parti démocrate allemand et pendant cette même période, le Frankfurter Zeitung publiera une série d’articles de Weber sur la politique allemande regroupés sous le titre « Le parlement et le gouvernement dans une Allemagne réorganisée ».

En 1918, il part pour Vienne où un poste temporaire d’enseignement d’économie l’attend. Il revient à Munich en 1919 pour occuper la chaire de sociologie que l’université de Munich a créée spécialement pour lui. Weber, à l'invitation de l'association libre des étudiants, y prononce deux conférences, qui auront une influence durable : « La vocation du savant » en 1917 et « La vocation du politique » en 1919.

Max Weber meurt subitement en 1920, à l’âge de 56 ans, des suites d'une pneumonie mal soignée. Avec lui s'éteint la première génération de sociologues, puisque Émile Durkheim et Georg Simmel sont décédés peu de temps auparavant (respectivement en 1917 et 1918). Au moment de sa mort, Weber est sur le point de conclure son grand projet de sociologie comparative des religions : il regroupe, en 1920, les grands textes de ce projet (notamment L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme), jusque là uniquement parus en revue, dans un vaste Recueil de sociologie des religions, dont la moitié paraîtra après sa mort. Toutefois, Weber laisse une part importante de son œuvre à l'état de manuscrit (à commencer par Économie et société), ou d'articles publiés seulement en revue (notamment ses textes d'épistémologie).

Source : fr.wikipedia.org/.../p://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Weber

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MessagePosté le: Lun 15 Mar - 19:26 (2010)    Sujet du message: Les Grands Théoriciens de la Sociologie : Max Weber Répondre en citant

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sahrawi

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MessagePosté le: Mer 26 Déc - 23:46 (2012)    Sujet du message: Les Grands Théoriciens de la Sociologie : Max Weber Répondre en citant

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