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Préparation de la Révolution : Les Progrès de la Contestation (8)

 
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Mĭnisterĭārĭus Săpĭ

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MessagePosté le: Ven 25 Déc - 13:42 (2009)    Sujet du message: Préparation de la Révolution : Les Progrès de la Contestation (8) Répondre en citant

CHAPITRE 2 – LES PROGRES DE LA CONTESTATION
 
S1 – JEAN JACQUES ROUSSEAU
 
A - L'HOMME ET SON OEUVRE
 

 
    Ce sont surtout les œuvres littéraires publiées de son vivant qui ont fait sa célébrité :
    "La nouvelle Héloïse" (1761)
    "Emile ou de l'Education" (1762)
    mais aussi ses œuvres littéraires posthumes :
    "Les Confessions"
    "Rousseau juge de Jean Jacques"
    "Les rêveries d'un promeneur solitaire"

     
    Ses œuvres politiques peuvent être regroupées en 3 catégories :
     
      on citera un article intitulé "Economie Politique" publié dans l'Encyclopédie de Diderot. Rousseau entend économie politique au sens ancien c'est à dire par opposition à l'économie domestique. Cela devient synonyme pour lui d'organisation politique par opposition à l'organisation domestique.

      D'autres ouvrages sont des applications du contrat social à des pays particuliers :
      Il en est ainsi des "Lettres de la montagne" (1764) où Rousseau entend se défendre contre les attaques de Genève et critique ici le régime de Genève.

      Deux autres ouvrages sont des réponses de Rousseau à des consultations :
      "Le projet de constitution pour la Corse" écrit en 1765 et publié en 1861.
      "Des considérations sur le gouvernement de Pologne" écrit en 1771 et publié en 1782.
       
          Montesquieu est décrit comme le père de l'individualisme libéral, ses idées reposant sur un point de vue réaliste et il prend le monde tel qu'il est. Rousseau, au contraire, serait le père du collectivisme totalitaire, ses idées reposant sur un point de vue abstrait et il envisage le monde non tel qu'il est mais tel qu'il devrait être.

          Montesquieu aurait eu une influence déterminante en 1789 chez les premiers constituants et dans les régimes libéraux.

          Rousseau et ses disciples auraient influencé les Jacobins montagnards de la Convention et son application à la politique déboucherait sur les régimes totalitaires.

          Cette présentation est un peu exagérée. Rousseau n'est pas l'anti-Montesquieu : il ne le critique jamais dans ses livres et se présente implicitement comme son disciple. On retrouve chez Rousseau bien des thèmes chers à Montesquieu : la théorie des climats, la diversité des circonstances.
          On peut dire par ailleurs que certains ont été plus influencés par l'un que par l'autre. Dès 1789, c'est l'influence de Rousseau qui prédomine et non celle de Montesquieu. Les constituants empruntent à Rousseau l'instauration d'un régime représentatif. Mais à l'époque, la démocratie n'était conçue que comme indirecte.
           
            B - LE CONTRAT SOCIAL
           
           
          Il est divisé en 4 livres, aucun ne portant de titre mais chacun ayant un thème bien délimité que nous étudierons :

          LIVRE 1 - la formation de la société politique
          LIVRE 2 - les explications relatives à ce qu'est la volonté générale
          LIVRE 3 - les différentes formes de gouvernement
          LIVRE 4 - les institutions particulières telles que le principe majoritaire ou la dictature.
           
          LIVRE 1 - LA FORMATION DES SOCIETES POLITIQUES
           
           

          Dans le livre 1, Rousseau s'interroge sur les sources légitimes de l'Autorité. Selon Rousseau, dans l'état de nature, il n'y a aucune autorité des hommes les uns sur les autres. Aucun homme n'a une autorité naturelle sur son semblable. La seule source légitime de l'autorité c'est le consentement des individus à cette autorité. Donc cette autorité peut s'établir par une convention conclue par la majorité des citoyens. La convention n'a pas pour but de se soumettre à l'autorité d'un autre mais de se constituer en tant que peuple.
          Le problème est de trouver une forme de convention d'association qui maintienne la liberté de ceux qui se sont associés. Le contrat social répond à cet objectif. Le contenu du contrat social est directement déterminé par son objet : l'aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté. Les avantages c'est qu'une telle clause est égale pour tous ; comme on cède tous ses droits sans réserve, aucune contestation n'est possible et "chacun se donnant à tous, ne se donne finalement à personne."

          Dès la conclusion de ce contrat, est constituée un corps politique qui remplace la personne particulière de chaque contractant. Ce corps politique est une personne morale, un être de raison : il est doté d'une volonté et d'une vie qui sont bien réelles. Ce corps politique n'a pas d'intérêt contraire à ses membres mais son intérêt ne se confond pas avec l'intérêt particulier de chacun de ses membres. Chaque membre de la société, en adhérant, souhaite le bien commun de cette société et on peut donc dire que l'intérêt général est la volonté de chacun. Mais en même temps, chaque individu peut avoir un intérêt particulier différent de l'intérêt général. C'est pourquoi Rousseau considère que l'intérêt du corps politique ne doit pas être confondu avec l'intérêt de chacun de ses membres : si on force un citoyen à respecter la volonté générale alors qu'il aurait voulu suivre son intérêt particulier, ce n'est pas le contraindre mais le forcer à être libre.
           
          LIVRE 2 - NOTION DE VOLONTE GENERALE
           

           
          Pour Rousseau, la volonté générale c'est la volonté commune, qui porte sur l'intérêt commun, qui entend réaliser le bien commun de tous dans cette collectivité. La souveraineté c'est l'exercice de la volonté générale. Seule la collectivité elle-même est juge des limites de son pouvoir, de ce qu'il est nécessaire de faire dans l'intérêt commun et de ce qui peut être laissé aux intérêts particuliers (selon que l'on est en période de crise ou non). La souveraineté est inaliénable car on ne peut déléguer sa propre volonté (contrairement à une compétence). Ou le peuple collectivement exerce cette souveraineté ou il y renonce. Le peuple souverain ne peut être représenté dans l'exercice de sa volonté. Il le peut d'autant moins que la perte de la volonté c'est la perte de la souveraineté sinon le peuple n'existe plus. à la souveraineté est indivisible. La souveraineté qu'exprime la volonté générale est toujours droite puisqu'elle exprime l'intérêt commun.

          Il ne faut pas confondre la volonté générale - celle qui exprime l'intérêt commun - avec la volonté de tous, qui est la somme des intérêts particuliers de chacun. Cette distinction est très importante sur le plan politique. La volonté générale ne porte que sur l'intérêt commun et donc que sur ce qui est commun à tous. La volonté générale est inapte à se prononcer sur les cas particuliers.

          La loi n'est rien d'autre que l'expression de cette volonté générale. La loi doit donc être générale dans son objet comme dans sa source : ainsi, la loi doit concerner la collectivité toute entière et seuls sont légitimes les états où le peuple tout entier fait les lois. Ces états, Rousseau les appelle des Républiques. Pour Rousseau, la République c'est l'Etat où le peuple assemblé fait les lois. Mais, pour faire ainsi les lois, il faut une institution particulière. Le peuple a besoin d'être éclairé. Il veut la volonté générale mais ne la voie pas. C'est là un rôle que Rousseau attribue toujours au législateur, homme ayant reçu la lumière divine. Ce législateur n'a finalement qu'un rôle consultatif. On ne peut jamais être sûr que la loi inspirée par le législateur corresponde bien à la volonté générale. Le législateur n'est donc qu'un conseiller qui indique où se trouve la loi.

          Pour Rousseau, tout peuple n'est pas capable de recevoir des lois car il faut que ce peuple soit capable de rechercher l'intérêt commun. Il faut un peuple jeune, non corrompu. Ceci ne veut pas dire que tout peuple va à son terme vers la corruption. Il faut aussi que le peuple ne soit pas trop étendu en nombre d'habitants et en superficie. Il ne doit pas y avoir non plus trop d'inégalités au sein de ce peuple : il faut que nul citoyen ne soit assez opulent pour en acheter un autre et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre. Il faut aussi que l'on ne puisse acheter le vote des autres.
           
          LIVRE 3 - LES DIFFERENTES FORMES DE GOUVERNEMENT

           

           
          Rousseau reprend la distinction classique entre les différents pouvoirs :

            Il faut déterminer qui va exercer ce pouvoir exécutif. Il y a ici deux contraintes :
              Dans la démocratie, l'exécutif est entre les mains de tout le peuple. Or, en pratique, une telle forme de l'exécutif est inapplicable.

              Dans l'aristocratie, l'exécutif est confié à une minorité du peuple. Pour Rousseau, c'est là la meilleure forme de gouvernement, surtouts 'il s'agit d'une aristocratie élective car le peuple élira les plus sages.

              Dans la monarchie, l'exécutif est confié à une seule personne. Elle est inévitable dans les grands états mais c'est une mauvaise forme de gouvernement car le monarque a tendance à faire prévaloir son intérêt particulier et non l'intérêt général.
               

              Ceci étant, en pratique, les gouvernements sont presque toujours mixtes et combinent les 3 formes : gouvernements de plusieurs personnes avec un chef.

              Mais le problème c'est que tout gouvernement quel qu'il soit tend à dégénérer. On voie donc toujours les gouvernements s'opposer à la volonté générale du peuple.
              Dans ce livre 3, Rousseau aborde enfin la question de la représentation : aucune représentation n'est possible en ce qui concerne le pouvoir législatif qui ne peut être exercé que par le peuple souverain lui-même. Il faut un système qui ressemble aux démocraties antiques, où le peuple pouvait s'assembler sur la place publique ce qui n'est possible que dans les très petits Etats. La solution qu'envisage Rousseau c'est le fédéralisme qui permet de regrouper des petits Etats en vue d'établir une défense extérieure commune. Impossible pour le législateur, la représentation y est par contre possible pour l'exécutif. En nommant l'exécutif, le peuple fait alors déjà un acte exécutif.

               
              LIVRE 4 - DES INSTITUTIONS PARTICULIERES
               

               
              Le principe majoritaire est institué par le contrat social qui doit être conclu à l'unanimité, mais chacune des décisions ultérieures se fera à la majorité. C'est une idée rationnelle. Si on considère que dans une société donnée, chaque citoyen est éclairé par la raison et a le soucis de faire prévaloir l'intérêt général, alors on peut penser que cet intérêt général sera exprimé par la majorité. C'est le principe de convergence. La volonté de la majorité ne correspond pas à l'Etat tyrannique de la majorité. La majorité exprime ce qu'elle pense être l'intérêt général de tous.
               
              La dictature : en cas de circonstances exceptionnelles, la collectivité doit se donner un chef au dessus des lois. Ce n'est pas contraire à l'intérêt général car il a pour but de sauver l'Etat
               
              La Religion civile : elle doit être établie dans l'Etat. Elle lui est nécessaire pour que chacun aime l'Etat, accomplisse ses devoirs de citoyen, soit dévoué à la société et se soucie de l'intérêt général. Il faut une profession de foi civile. Ce n'est pas un danger car les dogmes de cette religion ne concernent pas la vie privée mais seulement l'intérêt commun des sociétés modernes. Cette religion civile est la condition indispensable de la paix civile. Pour Rousseau, c'est un cercle vicieux : son système repose sur l'idée que la loi est censée résulter de la volonté des membres de la société. Or si par cette religion civile, c'est al société qui impose à ses membres sa volonté et ses opinions, elle ne peut résulter de la volonté de chaque membre.
               
               
              S2 – LA CONTESTATION RADICALE
               

              A - L'ABBE MABLY
               
               
              L'abbé Mably (1709-1785) est le frère du philosophe Mably. C'est un abbé de salon, impliqué dans l'administration. Son œuvre est aujourd'hui oubliée mais cependant plus connue et lue à son époque que Rousseau. Ses idées sont d'ailleurs proches de celles de Rousseau. Il a la même admiration pour les institutions antiques et pour la Suisse. Il préfère aussi les petits Etats regroupés en fédération. Rousseau se plaignait ainsi d'être plagié par Mably sauf en ce qui concerne la condamnation par Mably du système de démocratie directe.
              Sa pensée s'articule autour de deux idées majeures :
                 
                B - LES ABBES MESSLIER ET MORELLY
                 
                 
                Opposés à Mably, ce sont deux extrémistes méconnus et sans influence :
                  Dans son ouvrage, Morelly considère que la source de tous les maux c'est la propriété. On doit revenir au véritable esprit des Lois et donc aux lois naturelles. Pour lui, il y a 3 lois fondamentales à rétablir : rien n'appartient à personne, tout citoyen doit être un homme public entretenu par la communauté et enfin tout citoyen contribuera pour sa part à l'utilité publique. Morelly se montre par contre indifférent quant à la forme du gouvernement. Il propose cependant un système de fédéralisme démocratique sans élections et un mécanisme de responsabilité tournante où chaque père de famille exerce à tour de rôle une responsabilité publique. Le système proposé par Morelly est autoritaire : tout y est réglementé : le mariage, l'éducation et même la pensée.

                   
                  S3 - LES PRE REVOLUTIONNAIRES
                   
                   
                  Ce sont les auteurs qui ont exercé une influence sur la révolution et sa pensée.
                   

                  A - CONDORCET
                   
                   
                  Condorcet (1743-1794) est un marquis désargenté. Mathématicien précoce, il entre à l'Académie des Sciences en 1769 puis à l'Académie Française en 1782. Il passe pour le dernier philosophe héritier de la pensée du 18e siècle. Il est proche de la pensée de Turgot et Voltaire. Dans les années 1770 et 1780, il admire la révolution américaine. Sous la révolution, non élu aux Etats-Généraux, il ne participe pas à l'Assemblée constituante mais appartient à l'assemblée législative. Il prend le parti des Girondins et est arrêté en mars 1794. On le retrouve mort dans sa cellule.

                  Son œuvre s'articule autour de deux thèmes caractéristiques :

                    C'est dans "Lettres d'un bourgeois de Newhaven à un citoyen de Virginie sur l'inutilité de partager le pouvoir législatif en plusieurs corps." (1787) que Condorcet développe le plus sa pensée. Dans cet ouvrage, Condorcet suppose que les lois ont un objet limité et que seulement une partie des habitants sont citoyens. Il réfute l'idée selon laquelle il faudrait établir une balance entre les pouvoirs. Tout n'est pas susceptible de faire l'objet d'une loi. Seules les questions qui par nature doivent être traitées en commun le sont. La loi ne peut avoir pour objet que de régir les domaines où une règle commune est nécessaire et où l'on ne peut laisser chaque citoyen agir selon sa volonté propre. Dans cette perspective il faut distinguer deux choses dans la législation : a. décider quels sont les domaines où la loi doit intervenir b. quelle doit être la loi dans ces domaines

                    Il faut dans cette perspective faire une déclaration des droits destinée à fixer les domaines dans lesquels la loi peut ou non intervenir. Condorcet propose une conception du droit différente de celle qui va prévaloir en 1789. Pour Condorcet, seuls les propriétaires fonciers peuvent être des citoyens de l'Etat. Pour lui, il n'y a pas de risque que les propriétaires fonciers fassent des lois dans leur seul intérêt particulier. Car ils n'ont pas d'intérêt différent des autres habitants. Ils ont les même intérêts et les éprouvent plus intensément encore. Aussi en seront-ils les meilleurs défenseurs. L'ensemble des propriétaires d'un Etat possède tout le territoire de cet Etat et les autres habitants ne peuvent habiter cet Etat qu'avec le consentement des propriétaires. Condorcet considère que même les femmes, dès lors qu'elles sont propriétaires sont des citoyens comme les autres.

                    Montesquieu s'oppose fermement aux idées de séparation et de balance des pouvoirs. Pour lui, l'exécutif doit simplement être subordonné au législatif. Condorcet admet que le législateur puisse abuser de sa compétence mais pour lui, il y a d'autres remèdes que le bicaméralisme ou la balance des pouvoirs pour s'assurer que les lois sont bien l'expression de la volonté des citoyens. Condorcet conçoit le Référendum et c'est là une idée novatrice. Il propose aussi de remplacer la délibération des citoyens assemblés sur la place publique par la liberté de la liberté de la presse.
                     
                    B - SEYES
                     
                     
                    Seyes (1748-1836) était prêtre et destiné à une carrière d'administrateur de Diocèse mais il subit une frustration quant à son avancement au sein du clergé. Il épouse alors al cause du Tiers-État dont il est originaire. Quand en 1788, Louis XVI rétablit la liberté de la Presse, un grand nombre de brochures vont être écrite. Seyes en écrit trois. La première paraît dès l'été 1788 et s'intitule "Vues sur les moyens d'exécution dont les représentants de la France peuvent disposer en 1789". La deuxième, intitulée "Essai sur les privilèges", paraît en novembre 1788. Enfin, en janvier 1789 paraît "Qu'est ce que le Tiers-État ?".

                    Seyes sera élu député du Tiers-État. Aux Etats-Généraux, il va jouer un rôle déterminant notamment dans la transformation de la santé du Tiers-État. En juin 1789, les Etats-Généraux se transforment en Assemblée Nationale constituante. Seyes y joue encore un grand rôle. Il va avoir une réputation de grand théoricien constitutionnel. Mais ne parvenant pas à faire passer ses idées, il se réfugie souvent dans le silence. En 1792, il sera élu à la convention. Au sein de la convention, il votera la mort du Roi. Contrairement à Condorcet, il échappera à la terreur. Sous la convention thermidorienne, il propose ses idées constitutionnelles mais le nouveau régime du Directoire ne correspond pas à ce qu'il attendait. En 1799, il accepte de se faire élire directeur et ne se préoccupe que de faire réformer le système. Il cherche un général pour faire un coup d'Etat et trouve Napoléon Bonaparte sans se rendre compte que c'est Bonaparte qui se sert de lui. En 1814, à la restauration, en tant que Régicide, il doit s'exiler et ne revient en France qu'après 1830.
                     
                    "QU'EST CE QUE LE TIERS ETAT ?" (1789)
                     

                     Dans cette brochure, Seyes commence par exposer et critiquer la situation actuelle puis il explique comment il faut réformer le système. Il explique que dans le système actuel, le tiers-état constitue en France une nation complète avec 25 millions d'habitants représentants 95% de la population. Les ordres privilégiés se mettent eux-mêmes en dehors de la nation dit-il. Pour Seyes, "le tiers-état, c'est tout (la nation elle-même), rien (sur la plan politique), quelque chose (en vue de la réunion des Etats-Généraux, le tiers-état demande à être quelque chose)."
                    Le tiers-état se contente de trois demandes :

                      Seyes s'oppose à ceux qui proposent l'imitation des institutions anglaises. D'une part, appliqué en France, le bicaméralisme consisterait à avoir une chambre de la noblesse et du clergé et reviendrait à défendre les privilèges de ces deux ordres et non l'intérêt de la nation. Il faut donc au préalable supprimer les privilèges. D'autre part, Seyes s'oppose à l'application en France d'un partage su pouvoir législatif entre les deux chambres et le Roi, ce dernier disposant d'un droit de veto. Pour Seyes, seule la nation via ses représentants peut voter la loi, à savoir que seule la chambre basse peut exercer le pouvoir législatif. Seyes souhaite maintenir une séparation des pouvoirs car ceux qui font la loi doivent être différents de ceux qui l'exécutent. Sinon, les premiers légiféreraient à leur avantage. La différenciation entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif doit s'opérer par un système de hiérarchie. Les pouvoirs sont distincts mais subordonnés.
                      Enfin, Seyes explique comment réformer les Etats-Généraux. D'abord, les Etats-Généraux ne sont pas compétents pour se réformer eux-mêmes. C'est la nation qui est seule compétente pour modifier son système constitutionnel. Toutefois, si la nation est trop grande pour pouvoir s'assembler, elle doit désigner des représentants pour agir en son nom. Il ne s'agit alors plus d'une représentation ordinaire mais d'une représentation extraordinaire destinée à modifier la constitution elle-même. Cette représentation extraordinaire doit être libre et représentée la nation toute entière.
                      Comment cela se réalise t-il concrètement ? La nation, si le Roi ne convoque pas cette assemblée extraordinaire, peut se rassembler de son propre chef. Les représentants du tiers-état aux Etats-Généraux peuvent légitimement se considérer comme les représentants de la nation toute entière. Dès lors, le tiers-état peut s'assembler seul pour procéder à la réforme des institutions : le tiers-état seul ne peut former les Etats-Généraux et bien tant mieux il composera une assemblée nationale. C'est ce qui se passera au printemps 1789.
                       

                      _______________
                      Mĭnisterĭārĭus Săpĭens
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                      MessagePosté le: Ven 25 Déc - 13:42 (2009)    Sujet du message: Publicité

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                      MessagePosté le: Ven 12 Fév - 16:54 (2010)    Sujet du message: Préparation de la Révolution : Les Progrès de la Contestation (8) Répondre en citant

                      merci pour les efforts fournis

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                      MessagePosté le: Ven 12 Fév - 16:55 (2010)    Sujet du message: Préparation de la Révolution : Les Progrès de la Contestation (8) Répondre en citant

                      Okay Okay

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                      MessagePosté le: Aujourd’hui à 19:53 (2016)    Sujet du message: Préparation de la Révolution : Les Progrès de la Contestation (8)

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