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Qui est vraiment Aminatou Haïdar ?

 
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Mĭnisterĭārĭus Săpĭ

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MessagePosté le: Mar 8 Déc - 17:35 (2009)    Sujet du message: Qui est vraiment Aminatou Haïdar ? Répondre en citant

Qui est vraiment Aminatou Haïdar ?


Aminatou Haïdar vit
désormais dans un terminal à Lanzarote aux îles Canaries. (AFP)

Depuis plus d’une semaine, Aminatou Haïdar ne dispose plus de passeport marocain. Refoulée aux Canaries, l’égérie du Polisario a entamé une grève de la faim. Que cherche-t-elle réellement ?


Depuis vendredi 13 novembre, Aminatou Haïdar vit dans un terminal à Lanzarote, aux îles Canaries. L’indépendantiste sahraouie passe désormais ses journées dans le hall d’arrivée de l’aéroport avant d’être reconduite, la nuit tombée, vers un hôtel de fortune par les forces de
police. “Mais cela ne va pas durer éternellement, prévient une source locale. L’administration de l’aéroport a déjà porté plainte contre Haïdar pour trouble à l’ordre public. Elle risque maintenant d’être expulsée manu militari”. Habituée à être reçue avec les honneurs en terre ibérique, Aminatou Haïdar s’est soudainement transformée en un boulet que traînent les autorités canariennes. Et pour cause, depuis qu’elle a renoncé puis remis son passeport au procureur du roi à Laâyoune, Aminatou Haïdar ne dispose plus que d’une carte de séjour espagnole. Sans titre de voyage officiel, Haïdar ne peut donc pas quitter les îles Canaries, où elle a entamé une grève de la faim sans réelles revendications.

No Pasara !
Tout a commencé à l’aéroport Hassan 1er de Laâyoune. Après avoir reçu un énième prix à New York, Aminatou Haïdar fait un détour par les îles Canaries avant d’atterrir au Maroc. Une fois devant la police des frontières, elle présente une fiche de renseignement peu ordinaire. En plus de ne pas avoir rempli la case “nationalité”, Aminatou Haïdar inscrit “Sahara occidental” sur la case réservée à l’adresse de résidence. Devant l’objection des douaniers de l’aéroport, Aminatou Haïdar laisse exploser sa colère et affirme ne pas être marocaine. Elle accuse le royaume d’occuper illégalement le territoire hier colonisé par l’Espagne et affirme vouloir renoncer à sa nationalité et à ses pièces d’identité marocaines. Aussitôt dit, aussitôt fait. Les autorités de l’aéroport en avisent le procureur du roi, qui auditionne Aminatou Haïdar en présence de son oncle et du cheikh de sa tribu, les Izerguiyine. Lors de l’interrogatoire, qui se déroule dans un bureau sis dans l’aéroport, Aminatou remet officiellement au procureur du roi ses pièces d’identité et signe sa déposition. “Elle n’a pas renoncé à sa nationalité puisqu’elle n’en a pas le droit. Elle a remis ses pièces d’identité à l’administration qui lui a ensuite signifié l’impossibilité d’entrer sur le territoire marocain dans ces conditions”, rapporte un témoin sur place. Toujours selon des sources locales, Haïdar aurait elle-même acheté son billet pour un vol régulier à destination des Canaries le lendemain matin. L’indépendantiste sahraouie passe la nuit sous surveillance policière mais “ne décline pas les repas qui lui ont été proposés”, note, un tantinet ironique, un responsable local à Laâyoune.
Le lendemain matin, un nouveau problème survient lorsque le commandant refuse de prendre Aminatou Haïdar à bord, parce qu’elle ne disposait d’aucun titre de voyage. La passionaria sahraouie fait alors valoir sa carte de résidence espagnole. Le pilote obtient finalement l’autorisation de la police des frontières ibériques et met le cap sur Lanzarote. Les officiels marocains respirent. “Théoriquement, toute cette histoire pouvait mal finir. Aminatou pouvait refuser d’embarquer dans l’avion. Le commandant de bord pouvait s’entêter et ne pas la laisser embarquer, puisque l’avion est un territoire de souveraineté espagnol. Mais au final, tout s’est passé sans heurts”, analyse un observateur sahraoui. Aux Canaries, Haïdar est accueillie par une patrouille de police. Sa carte de séjour lui permet l’accès au territoire espagnol mais elle ne peut pas le quitter. Au même moment, la machine médiatique s’emballe. Des sites Internet, puis des journaux plus ou moins sérieux font état de l’“interpellation” puis du refoulement de la militante indépendantiste. D’autres vont jusqu’à affirmer que cette dernière a été déchue de sa nationalité. Sur place, Haïdar pose problème aux autorités de l’aéroport. Elle refuse de quitter l’aérogare et passe désormais ses journées sur un tapis à même le sol. A l’international, l’évènement prend (bizarrement) peu d’ampleur. Interrogé sur la question, un porte-parole de Ban Ki Moon a simplement affirmé “devoir prendre attache avec la Minurso avant de se prononcer”. La présidence du Conseil de sécurité a, de son côté, annoncé qu’aucun membre n’a relevé ce point lors des débats du Conseil. Comment expliquer une telle tiédeur dans la réaction de la communauté internationale ? “Il y a d’abord la légalité de la réaction marocaine. Refouler un voyageur qui refuse de se plier aux règles d’entrée du pays et qui renonce à son titre de voyage est après tout normal. Puis il y a le fait qu’Aminatou Haïdar dérange plusieurs personnes, y compris au sein du Polisario, du fait de sa sur-médiatisation. Certains l’accusent même ouvertement d’instrumentaliser la cause pour la promotion de sa propre image”, analyse un observateur. Au départ pourtant, rien (ou presque) ne prédestinait Aminatou à un parcours pareil.

Une lycéenne ordinaire
Née dans la région de Tan Tan en 1967, elle coule une existence paisible entre sa région natale et Laâyoune. Elle est donc au centre du conflit du Sahara et en suit, de très près, tous les développements. En 1987, Aminatou Haïdar, alors lycéenne, est arrêtée en marge d’une manifestation brutalement réprimée par le fameux gouverneur Saleh Zemrag. Elle est envoyée au tristement célèbre PC CMI, le QG des forces d’intervention rapide transformé, durant les années de plomb, en un centre de détention secrète. La jeune Aminatou, comme plusieurs autres centaines de Sahraouis, connaît alors les affres de la détention arbitraire et de l’humiliation au quotidien. Elle n’est finalement libérée qu’en 1991. Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, elle ne bascule pas immédiatement dans l’indépendantisme. A cette période, elle se rend fréquemment au siège sahraoui de l’OADP (ancêtre de l’actuel PSU) sans en être militante. “On travaillait ensemble pour tenter la réconciliation entre détenus politiques et Etat marocain”, raconte un militant de gauche, qui a fréquenté Haïdar à cette époque. En 1998, Aminatou, qui brille déjà par ses talents d’oratrice, se joint à d’autres militants ouvertement indépendantistes et fonde (officieusement) une structure qui les fédère. Mais pour autant, elle ne coupe pas le cordon avec le Maroc. Elle trouve même un emploi à la commune de Boujdour et obtient une indemnisation pour les atteintes subies lors de la détention arbitraire de 1987. “Il ne faut pas oublier qu’elle appartient à une tribu traditionnellement acquise à la cause marocaine. Même à Tindouf, plusieurs Izerguiyine ont été persécutés ou jetés en prison à cause de leurs positions nuancées”, affirme un membre du Corcas.
Ouverture démocratique aidant, Aminatou Haïdar gagne en visibilité, tout comme un certain Ali Salem Tamek ou Mohamed Moutawakel. Les médias internationaux commencent à s’intéresser à “cette dame courageuse qui défend la cause de son peuple” et lui collent assez vite des surnoms flatteurs (ou disproportionnés) comme la lionne indomptable ou la Ghandi sahraouie. “Même à cette période, Aminatou Haïdar vivait tranquillement chez elle, au centre de Laâyoune, en compagnie de ses deux filles. Le vrai tournant sera celui de mai 2005”, rapporte un de ses proches. Cette année-là, de violentes émeutes éclatent à Laâyoune. Les confrontations entre jeunes indépendantistes et forces de l’ordre sont quasi quotidiennes. Aminatou Haïdar est évidemment de la partie. Lors d’une manifestation, elle est brutalisée par les forces de police. Interpellée, elle sera même condamnée à sept mois de prison pour trouble à l’ordre public. Aminatou devient une icône, ses photos font le tour du monde. Une nouvelle carrière commence pour la jeune mère de famille sahraouie. A sa sortie de prison, elle est accueillie en héroïne et reçue avec les honneurs dans plusieurs capitales mondiales. A partir de cette date, Aminatou commence à collectionner les prix. L’Autriche, les Etats-Unis, l’Espagne et bien d’autres rendent hommage à cette nouvelle icône de l’indépendantisme sahraoui… et contribuent à renflouer son compte bancaire. Mais Haïdar (qui a même été nominée pour le prix Nobel) s’agite tellement qu’elle en devient incontrôlable. Même ses plus fervents supporters à Tindouf commencent à être gênés par son (hyper)activisme. De son côté, Aminatou ne cache plus sa haine pour le Maroc. Recevant un journaliste marocain chez elle en 2006, elle lui lance froidement : “Pour ta prochaine visite au Sahara, tu devras prendre un visa. Ton pays devra payer pour le préjudice subi par mon peuple”.

Et maintenant ?
Aujourd’hui, Aminatou Haïdar n’a plus vraiment le choix. Soit elle revient sur sa décision de renoncer à ses titres d’identité, soit elle se fait faire un titre de voyage algérien ou espagnol, auquel cas le Maroc pourrait la déclarer persona non grata et lui interdire le séjour sur son territoire. “Tout semble indiquer qu’elle se dirige vers la deuxième voie, vu que des responsables basques et catalans ont proposé de l’aider à obtenir un document de voyage espagnol”, indique une source sécuritaire à Laâyoune. Il faut donc s’attendre à un deuxième épisode du feuilleton Aminatou.

http://www.telquel-online.com/399/actu_maroc1_399.shtml
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